C’est une question qui revient presque à chaque séance au cabinet : « Stéphanie, j’ai une douleur persistante à gauche, on m’a dit que c’était mon côté féminin, qu’est-ce que vous en pensez ? ».
Le problème aujourd’hui, c’est qu’on trouve tout et son contraire sur Internet. On finit par plaquer des étiquettes toutes faites sur nos maux, comme si notre corps était une machine avec un mode d’emploi universel. Mais la réalité est bien plus nuancée (et plus fascinante !).
Un grand méli-mélo de théories
Si on regarde les anciennes traditions, c’est vite le vertige. Loin d’être d’accord entre elles, elles proposent des lectures complètement inversées !
En Chine, la gauche est Yang (donc masculine) : La pensée chinoise s’appuie sur l’observation de la nature. Pour eux, le corps est un microcosme. La gauche est associée à l’Orient, là où le soleil se lève. C’est le pôle Yang, celui de l’énergie montante, de l’action qui démarre, du mouvement. C’est l’esprit du « Dragon Vert », qui protège et s’élance. La droite, pôle Yin, est le couchant (énergie descendante), le « Tigre Blanc », plus calme.
En Inde, la gauche est Shakti (donc féminine) : La vision indienne, issue du yoga et de l’hindouisme, est différente. On s’intéresse plus aux polarités internes. La gauche est le côté de Shakti, la puissance créatrice, l’énergie active et mouvante du féminin. La droite, c’est Shiva, l’immobilité pure, la conscience stable, pôle masculin.
En Occident, la gauche est Maman (donc féminine) : Et puis, il y a la vision contemporaine occidentale, celle qu’on retrouve souvent en décodage biologique ou dans l’imagerie populaire (le cœur est à gauche, donc c’est l’émotion, le féminin). Ce raccourci très récent oppose souvent « Gauche = Maman, Droite = Papa », sans distinction.
Le souci, c’est que si vous vous forcez à faire entrer votre douleur dans une case qui ne vous parle pas, vous passez à côté du vrai message. Votre corps ne lit pas les manuels de symbolique, il raconte votre propre histoire.
Pourquoi je me méfie des réponses toutes faites
Imaginez deux personnes qui vivent exactement le même choc émotionnel. L’une va déclencher une tension à l’épaule droite, l’autre aura une sciatique à gauche. Pourquoi ? Parce que notre inconscient est unique.
Une douleur à gauche peut parler d’un père trop présent, d’un projet qui ne décolle pas, ou d’une vieille blessure d’enfance liée à une figure d’autorité. Il n’y a pas de « vérité » absolue, il n’y a que votre vérité.
Comment on travaille ensemble sur ces blocages ?
Au cabinet, mon rôle n’est pas de vous dire ce que vous devriez ressentir selon telle ou telle théorie. On va plutôt essayer de décoder ensemble votre propre « lexique » corporel.
On regarde les choses sous plusieurs angles :
L’énergie : Est-ce que ça circule ou est-ce que ça stagne ?
Le vécu : Qu’est-ce que ce côté du corps représente pour vous, personnellement ?
L’héritage : Est-ce que ce poids que vous portez à l’épaule ou au genou ne serait pas, par hasard, un « cadeau » encombrant d’un ancêtre ?
L’important n’est pas de savoir qui a raison entre les Chinois, les Hindous ou les théories modernes. L’important, c’est de libérer ce qui vous empêche d’avancer.
Quand on arrête de vouloir « analyser » à tout prix avec sa tête et qu’on commence à écouter vraiment ce que le corps exprime, les verrous sautent d’eux-mêmes. On ne cherche pas à valider une théorie, on cherche à vous rendre votre légèreté.
Et vous, est-ce que vous avez l’impression qu’un côté de votre corps essaie de vous dire quelque chose en ce moment ?

